Verbalisation – défendre son travail artistique

Cette intéressante réflexion sur la verbalisation en fin de cours de recherche a été élaborée dans un document remis aux élèves, lors d’un stage de l’agrégation ERG/ESA ST LUC, par Dalia Duminuco, étudiante.(2015)

 

– Défendre son travail artistique –

En tant qu’artistes, vous serez régulièrement confrontés à la fameuse question : « Quelle est votre démarche artistique ? « . Cet exercice de verbalisation peut sembler difficile car il demande un esprit critique et objectif, tout le contraire de l’acte artistique qui, quant à lui, se veut souvent être subjectif, instinctif et pratiquement indescriptible.

 

Parler de son travail, de la démarche entreprise dans son travail, est cependant un parfait exercice de synthèse et de questionnement de soi : comprendre ce que l’on fait, pourquoi on le fait, comment, et le décrire. Cela reviendrait en quelque sorte à faire un travail de réflexion triangulaire, s’articulant autour de :

–        l’intention (phase de recherche, croquis, …) ;

–        l’action (phase d’atelier, d’expérimentation, …) ;

–        et le résultat (la somme des phases de recherche et de travail).

 

Défendre son travail, ce n’est pas seulement parler du résultat/de ce qui se trouve sous les yeux de la personne qui le regarde, mais bien de parvenir en plus à mettre des mots sur tout ce qui a permis d’arriver à ce résultat, son cheminement de pensée et de questionnement personnel tout au long du processus de création. C’est justement ce processus qui rend une œuvre singulière.

 

// LE RESULTAT //

Décrire formellement ce que l’on a sous les yeux (le résultat) serait un premier moyen permettant de mettre des mots sur son travail : partir de l’objectif pour aller vers le subjectif. Tout en procédant par mots-clés, relevez tout ce qui compose et construit votre travail (ex : forme, couleur, matière, …). Cela vous permettra par la suite de tenter d’analyser, de verbaliser et d’expliquer ces choix entrepris dans votre travail.

 

// L’INTENTION – (Quoi ? Pourquoi ? Comment ?) – //

Tout travail artistique part d’une intention, pouvant se définir par des désirs ou des choix particuliers. La phase de recherche en carnet par exemple vous aura permis de définir vos intentions, et de penser aux moyens que vous devrez mettre en œuvre pour la réalisation : c’est un travail de réflexion. Lorsque que l’on parle de nos intentions quant à un travail, cela revient à en expliquer :

–        ce que l’on a voulu réaliser ;

–        pourquoi ? dans quel but ?

–        comment on pense le réaliser ?

 

// L’ACTION – (Comment ? Par quels moyens ? Pourquoi ?) – //

Afin de concrétiser une intention et de mener à bien un projet, il faut se mettre en action ; c’est la phase d’atelier, où entrent en compte les moyens plastiques et techniques que vous avez défini et choisi d’exploiter. En d’autres mots, vous déclenchez et mettez en action l’intention afin de donner forme à celle-ci.

Dans ce cas-ci, cela revient à en expliquer quels moyens et choix ont été mis en œuvre pour concrétiser et mener à bien l’intention (aussi bien des choix plastiques, esthétiques, que pratiques) :

–        Comment vous avez procédé

–        Médium : sculpture, photographie, performance, …

–        Méthode : assemblage, détournement d’objet, construction/déconstruction,…

–        Choix de matériaux

–        Technique(s)

–        Forme, matière, couleurs, …

–        …

N’hésitez pas à parler de ce qui n’a pas marché durant la réalisation, ce à quoi vous avez du trouver des alternatives et solutions.

 

// LE TITRE //

Attribuer un Titre pourrait également être une façon de donner des clefs de compréhension sur votre travail. Il est cependant important de ne pas voir le titre comme quelque chose qui restreint ou qui enferme votre travail, mais de l’envisager comme une piste de compréhension de l’œuvre, vous permettant de reprendre dans celui-ci à la fois l’idée et la forme du travail (par exemple : « Machine à dessiner », de Jean Tinguely).